Signification de « A la Saint-Glinglin » : A une date très lointaine ou jamais

express'ION mascotte du site savour.euexpress’ION vous commente « A la Saint-Glinglin »

« les devoirs c’est maintenant qu’il faut les faire, ce n’est pas à la saint-Glinglin« , c’est ce qu’on me disait lorsque je repoussais sans arrêt  le moment de les faire ces fichus devoirs. ceux qui faisaient référence à cette date qu’est « A la Saint-Glinglin » craignaient  que je remette cette tâche à une date très lointaine voire à jamais.
Planifier quelquechose à la Saint-Glinglin, Saint introuvable dans le calendrier, pourrait effectivement signifier « jamais ».
Walther von Wartburg (1888-1971), dans son « dictionnaire etymologique de la langue française », indique que Glinglin est à rapprocher de formes dialectales telles que « Glinguer » (« sonner », « résonner ») et « guinglier » (Metz) = « branler les cloches, issue de l’allemand « Klingen » (« sonner« ). Il nous indique également que les mots « Seing » (« Signature » du latin « signum » que l’on retrouve dans « sous seing privé » par exemple) et « Sein » ont désigné, en ancien français, « marque » et aussi « cloche« , sens qui remonte au latin de basse époque. C’est d’ailleurs de là que vient le mot tocsin (« Toque-Sein »). En fouillant un peu plus dans le dictionnaire de Wartburg, on trouve même des régions où, en ancien français, le mot saint signifiait cloche.
Sur la base de ces explications de Wartburg, on peut arriver à la conclusion que « sein (saint) glinguer » c’est la cloche qui sonne. Ensuite il y a eu sans doute confusion fort compréhensible entre saint (cloche) que l’on trouve dans les églises et le saint (sens religieux) …. est donc apparu le Saint qui fait glinglin mais pas tout à fait au même titre que les autres saints, tels Saint-valentin ou Saint-médard, puisqu’il ne correspondait à aucune date d’où l’idée de date éloignée ou de « jamais ».

La Saint-Glinglin a quelques synonymes : « Quand les poules auront des dents », « la semaine des 4 jeudis », « les calendes grecques ».

A la Saint Glinglin selon Raymond Queneau

 

Signalons le roman de Raymond Queneau « Saint Glinglin précédé de Gueule de pierre (nouvelle version) et de Les Temps mêlés » paru en 1948 chez Gallimard.

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