Signification de « Avoir du sang de navet »

Etre sans vigueur, par extension manquer de courage.

express'ION mascotte du site savour.euexpress’ION vous commente « Avoir du sang de navet »

Prosper Mérimée, à qui l’on ne pouvait pas reprocher d’avoir du sang de navet, avait un goût prononcé pour la mystification. Il publia en 1828 une pièce « La famille de Carvajal » dont la préface contient le texte d’une lettre signée par une certain Diego Rodriguez de Castaneda y Palacios (qui n’était nul autre que Mérimée lui-même), capitaine au long cours Colombien, réclamant une pièce de théatre pouvant être jouée à bord, plus adaptée aux marins, donc moins fade, plus épicée que les oeuvres, destinées aux bourgeois de Madrid, dont il parle ainsi « …. pour moi tous ces héros de tragédie ne sont que des philosophes flegmatiques, sans passions, qui n’ont que du jus de navet au lieu de sang dans les veines, de ces gens enfin à qui la tête tournerait en serrant un hunier…. ».
Cette image figurant donc chez Mérimée en 1828 a, par la suite (fin 19ème, début 20ème siècle), été lexicalisée sous la forme « avoir du sang de navet dans les veines » pour qualifier une personne anémiée, dont le sang est supposé être pâle (la couleur du jus de navet) par manque de globules rouges.
Dans le dictionnaire d’argot de Gustave Armand Rossignol (1901) le sens lié à la lâcheté est attesté : « celui qui n’est pas brave a du sang de navet ou le foie blanc ».

Dans le Français contemporain, l’expression « avoir du sang de navet dans les veines » est devenue « avoir du sang de navet »

avoir du sang de navet roman

 

 

Pour terminer, signalons un court roman de 32 pages intitulé « Sang de Navet » de André Bernard, paru en 1937, dans la collection « le roman du Jeudi »

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