Le louchébem ou loucherbem désigne l’argot des bouchers parisiens et lyonnais de la première moitié du 19ème siècle.
Son processus de création lexicale se rapproche du javanais. En effet, on modifie des mots existants en suivant la règle suivante : la consonne ou le groupe de consonnes au début du mot est reportée à la fin du mot et remplacée par un « l ». Puis on ajoute un suffixe argotique au choix, par exemple « em/ème », « ji », « oc », « ic », « uche », « ès ».
C’est ainsi que boucher devient louchébem :

  • on remplace le « b » de « boucher » par « l »,
  • le « b » est déplacé à la fin du mot,
  • on ajoute « em » à la fin du mot,
  • et on obtient donc « loucherbem » ou « louchébem ».

Il s’agit surtout d’un langage oral et l’orthographe est très souvent phonétisée.
Les plus anciens mots attestés de cet argot se trouvent mêlés à l’argot du bagne de Brest, dans les écrits d’un forçat, Ansiaume, datés de 1821.
Et c’était, on s’en doute, plutôt utile pour ne pas se faire comprendre des matons. D’autre part, certains abattoirs avaient tendance à recruter à la sortie des prisons. On peut imaginer que la raison principale était que savoir manier le couteau constituait un critère plus important que de connaître la lidochebem (bidoche).
Les bouchers se servent encore aujourd’hui du louchébem en communauté. Mais ce sont surtout les vieux de la vieille habitués à tenir des propos « tranchants » !

certains mots sont entrés dans le langage familier courant :

  • en loucedé = en douce
  • loufoque = fou
  • à loilpé = à poil
  • lerche (employé souvent sous la forme « c’est pas lerche ») = cher
  • locdu = fou, bizarre (vient de « toqué)

Il existe même un traducteur français-louchébem en ligne

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