Que signifie Compter pour du beurre ?

Compter pour du beurre c’est ne pas être pris en considération, n’avoir aucune importance.

Quelle est l’origine de l’expression?

Chez les Egyptiens et dans la graisse antique (Euh ! pardon ! la Grèce antique) on utilisait le beurre (“bouturon“) en cataplasme contre les infections de la peau et les brûlures. Il avait donc une vocation médicale et garda longtemps cette connotation.

Dans la Rome antique, le beurre (“butyrum“) était utilisé comme une crème pour adoucir la peau ou comme onguent dans les bains. On ne s’en servait pas alors en cuisine. Les Romains ne savaient pas le rendre consistant et le laissaient à l’état huileux.

L’influence romaine s’est ensuite étendue en Gaule puis en France. Et, pendant longtemps, on a boudé le beurre en cuisine.
Au  Moyen-âge, il était plutôt la graisse des pauvres. Il constituait alors une source de matière grasse beaucoup plus accessible que l’huile. Il en résultat l‘expression « vendre du beurre » qui désignait le fait d’être délaissé par la société.

Ce n’est qu’au 17ème siècle que le beurre gagne en popularité. Ainsi il acquiert une connotation positive. D’où, par exemple, les expressions “mettre du beurre dans les épinards” et “faire son beurre“.
On comprend donc que l’expression « compter pour du beurre » utilise la signification péjorative du beurre moyenâgeux. Celui qui compte pour du beurre, c’est le vendeur de beurre méprisé et en marge de la société.
On a commencé à l’utiliser vers la fin du 19ème siècle. On en trouve une exemple dans “Le voyage d’Urien” (1892) d’André Gide : “J’allais oublier la grandmère; – elle joue aussi, mais comme elle ne voit plus les jetons, on dit tout bas qu’elle compte pour du beurre.

Pour terminer sur une note humoristique, mentionnons que Stéphane De Groodt a sa propre définition de “compter pour du beurre “

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