Que signifie Avoir du mal à joindre les deux bouts ?

Avoir du mal à joindre les deux bouts c’est avoir du mal à boucler son budget, à terminer financièrement le mois.

Quelle est l’origine de l’expression

On trouve couramment deux origines à deux époques différentes :

Au 18me siècle

On trouve l’expression sous la forme « joindre les deux bouts de l’an ». Dans le « dictionnaire critique de la langue française » (1787), l’abbé Féraud lui donne pour définition : « ménager les dépenses ». C’était donc faire en sorte d’aller d’un bout de l’année à l’autre sans dépasser son revenu.
A l’origine, l’expression s’inspirait de la notion de « soudure » dans le milieu agricole. Elle faisait référence au fait qu’une récolte devait pouvoir durer assez longtemps pour arriver jusqu’à la récolte suivante. On s’arrangeait donc pour faire la « jonction » entre deux récoltes.
Par la suite, les produits de la récolte ont laissé la place à l’argent que l’on possède pour vivre. Donc « joindre les deux bouts (de l’an) » revenait à ne pas dépenser plus que le revenu dont on disposait.

De nos jours, l’expression est surtout utilisée sous sa forme négative. Donc, une personne qui a du mal à joindre les deux bouts est une personne qui vit difficilement. Elle ne peut satisfaire les besoins du foyer avec le budget disponible pour le mois. Là les deux bouts à joindre sont le début et la fin du mois.
L’expression est parfois utilisée dans d’autres domaines. Par exemple lorsqu’on accumule des tâches et que l’on a du du mal à y faire face.

Au 16ème siècle

A partir de 1560, la noblesse, pour suivre la mode, portait des collerettes en dentelle, appelées également «fraises». Cet accessoire permettait de mettre en avant le rang et la richesse de celui qui la portait. La « fraise » était donc le « fruit » de la réussite. Et plus celle-ci était grande plus la taille de la fraise augmentait. On s’en doute elle était donc très coûteuse. C’est la raison pour laquelle on prenait soin de ne pas la salir.
La première conséquence fut l’adoption de la fourchette lors des repas. Introduite par Catherine de Medicis en 1533, c’est Henri III, roi de France, qui, dans le courant de la seconde moitié du 16ème siècle, fit définitivement adopter la fourchette par les gens de qualité. En effet, quand on avait le cou enveloppé par une encombrante fraise, manger avec les doigts comportait le risque certain de souiller la collerette. Ce qui n’était pas le cas avec la fourchette.
La seconde conséquence serait l’apparition de notre expression. En effet, pour paraître plus riches qu’ils ne l’étaient, certains nobles achetaient de grandes fraises.
Cependant, la taille des serviettes de table, parfois portées autour du cou lors des festins, ne suivait pas proportionnellement, pour des raisons de budget, l’inflation des fraises. Or les nobles n’entendaient pas ôter leur fraise durant les repas. Donc la serviette s’avérait trop petite. Et ils avaient alors du mal à joindre les deux bouts lorsqu’ils la nouaient autour du cou.

Même si certains, de nos jours, ont parfois tendance à ramener leur fraise, la collerette est bel et bien démodée. L’expression, elle, est entrée dans le langage courant en reprenant l’idée de manque d’argent.

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