Que signifie Avoir quartier libre ?

Avoir quartier libre c’est avoir un moment de liberté.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Le quartier c’est le quart d’un tout.
Au 12ème siècle c’était le quart d’un écu mais également une portion de territoire.
A partir du 15ème siècle, cette portion de territoire s’est spécialisée dans le domaine militaire en prenant le sens de “cantonnement”. Il s’agit de l’ensemble des bâtiments où s’installe une troupe. D’où l’expression “prendre ses quartiers“. Cette dernière est attestée dans “Les cent nouvelles nouvelles” (1462), le premier recueil moderne de contes de la littérature française commandé à l’époque par le duc de Bourgogne Philippe le Bon : “sans plus enquerre, chacun print son quartier, et commencèrent à besoigner chacun du mieux qu’ilz peurent”.

Au 17ème siècle, pour la saison froide, on commence à utiliser l’expression “prendre les quartiers d’hiver“. On trouve d’ailleurs cette formulation dans la fable de La Fontaine “L’aigle et l’escarbot” (1668) : “En une autre saison, quand la race escarbote est en quartier d’hiver, et comme la Marmotte se cache et ne voit point le jour“.

Dans ce contexte, “avoir quartier libre” signifiait donc que l’on était autorisé à sortir de son cantonnement. C’est, pour un soldat, “la permission”, l’autorisation d’absence.

Puis, à partir du début du 20ème siècle, on a commencé à oublier la référence militaire pour évoquer simplement des moments de liberté. C’est ainsi que l’utilise l’écrivain Charles Derennes dans le roman “la petite faunesse” publié en 1918 à la fin de la guerre mais n’ayant rien à voir avec le monde militaire en cette période de conflit : “Sulpice d’Escorral, après un fastueux goûter que nous prîmes au meilleur hôtel de la ville, nous donna quartier libre

Lorsque l’on a quartier libre, c’est “pas de quartier” pour les contraintes !!

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