Que signifie Conter fleurette ?

Conter fleurette c’est chercher à séduire quelqu’un.

Quelle est l’origine de l’expression ?

L’expression est attestée au 17ème siècle. Dans son dictionnaire universel (1690), Antoine Furetière explique qu’elle est utilisée pour dire “cajoler une femme”.
Plusieurs hypothèses en expliquent l’origine.

Compter florettes

Une première fait référence aux florettes, pièces de monnaie frappées d’une fleur de lys et utilisées au 15ème siècle. On serait donc passé de «compter florette» (en quelque sorte compter ses sous) à «conter fleurette» deux siècles plus tard. Cela évoque clairement l’argent promis à une femme pour la conquérir.

Billet doux sur papier à fleurs

Une deuxième possibilité remonte aux temps très anciens où les amoureux s’adressaient des «billets doux». Ces derniers étaient des mots d’amour écrits sur du papier où de petites fleurs étaient peintes. L’expression originale aurait été «envoyer des fleurettes». Puis elle aurait ensuite évolué vers «conter fleurette», c’est à dire raconter des mots doux semblables à ceux que l’on échangeait sur le papier à fleurs.

Langage fleuri

Une troisième option s’appuie sur le sens figuré du langage fleuri. Ce sont des propos légers et futiles que tient un homme dans le but de plaire. Cela laisse entendre que l’homme n’est pas sincère. En effet, il est prêt à dire des “menteries” pour séduire une femme qu’il convoite. Ce langage fleuri est à rapprocher de l’expression latine «rosas loqui» (littéralement «dire des roses»).

Fleurette de Nerac

Il existe également une origine historique en rapport avec l’expression. On la doit, au 19ème siècle, au journaliste Horace Raison. Ce dernier publia en 1857 le “code galant” ou “art de conter fleurette” où l’on trouve l’explication qui suit.

Henriot, le futur Henri IV, avait à peine quinze ans lorsque le roi Charles IX vint à Nérac pour visiter la cour de Navarre. Le séjour du roi fut marqué par des jeux et des fêtes.
Charles IV aimant pratiquer le tir à l’arc, on organisa ce divertissement pour lui. Et, bien évidemment, aucun courtisan n’osa se montrer plus plus adroit que le roi. Mais lorsque vint le tour du jeune Henriot, ce dernier enleva du premier coup l’orange qui servait de cible.

Le tir à l’arc recommença le lendemain, mais le roi Charles IX trouva un prétexte pour ne pas y participer. Ce jour-là on vint à manquer d’orange. Alors, le jeune Henriot vit une rose sur le sein d’une des jeunes spectatrices. Il s’en saisit et courut la placer. Puis il tira et lança sa flèche au milieu de la fleur. Il courut alors la rendre à la jolie villageoise sans la détacher de la flèche qui lui servait de tige.
Un doux regard s’échangea entre eux. En retournant au château, Henriot apprit que cette jeune fille s’appellait Fleurette et qu’elle était la fille du jardinier du château.

Le jardinage devint alors la passion dominante d’Henri. Il choisit un terrain aux environs de la fontaine de la Garenne où Fleurette se rendait plusieurs fois par jour. Il travailla avec d’autant plus d’ardeur qu’il était aidé par le père de Fleurette. Ce qui lui donnait l’occasion de la rencontrer fréquemment.
Fleurette et Henriot s’aimèrent alors éperdument. Les rendez-vous galants se succédèrent le soir près de la fontaine. Mais le précepteur du prince, le vertueux Lagaucherie, remarqua que son royal élève avait toujours un prétexte pour s’échapper durant la soirée. Pour mettre fin à cette relation, il annonça au prince qu’ils allaient se mettre en route sous le prétexte de la prochaine entrevue de Bayonne (Juin 1565).

Dans les mois qui suivirent, le Prince, entouré de demoiselles d’honneur, oublia la jeune Fleurette.
Lorsqu’il revint au château, Fleurette le surprit au bras de l’une d’elles. Mais la vue de Fleurette réveilla chez Henri un tendre souvenir. Il la pria de le retrouver le lendemain à la fontaine de la Garenne.

Le lendemain, à l’heure dite, il s’esquiva du château pour aller à la fontaine. Mais Fleurette ne s’y trouvait pas. Il aperçut près de la fontaine une flèche fichée à l’endroit même où tant de fois ils se rencontrèrent. Il la reconnut. La rose fanée y tenait encore. Un papier y était attaché. Ces mots y étaient inscrits : « Je vous ai dit que vous me trouveriez à la fontaine : j’y suis. Peut-être êtes-vous passé bien près de moi. Retournez-y, cherchez mieux… Vous ne m’aimiez plus… il le fallait bien… Mon Dieu ! pardonnez-moi !… »
Ayant compris le sens de ce billet, Henri retourna à la Garenne avec des valets munis de flambeaux. Et le corps de Fleurette fut retrouvé au fond du bassin où se déversaient les eaux de la fontaine,

Il reste aujourd’hui de cette histoire une statue de Fleurette réalisée par Daniel Campagnac en 1896 dans une grotte du parc de la Garenne à Nérac. Sur une plaque on peut lire : ” Fleurette A peine ils s’étaient vus qu’ils s’aimèrent d’amour. Elle comptait seize ans; lui, trois de plus. Ravie Fleurette à cet amour donna toute sa vie. Henri, Prince d’Albret ne lui donna qu’un jour”.

De fleureter à Flirter

À la fin du 19ème siècle, apparaît le verbe «fleureter» qui tente de remplacer l’expression «conter fleurette».
Certaines sources affirment que «fleureter» a inspiré le fameux «flirt» des Anglais. Et on aurait ensuite réintroduit ce verbe dans la langue française. «Flirter» serait donc un faux anglicisme.

Expressions équivalentes

  • Courir le guilledou
  • Faire du gringue
  • Draguer
  • Faire du plat
  • Faire la cour
  • Courtiser

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