Que signifie Être à la bourre ?

Être à la bourre c’est être en retard.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Bourre et bourré …. mais pas ratatam

“Bourreau de travail vous êtes ainsi qualifié,
l’agenda d’hier de rendez-vous était bourré,
de votre bureau épuisé vous êtes rentré,
dans votre couette rembourrée vous vous êtes glissé,
et ce matin le réveil en vain a sonné.
Résultat : à la bourre vous vous êtes retrouvé,
bourru et ébouriffé alors vous étiez,
et pour aller au travail vous avez dû bourrer !”

Ce poème que l’on ne pourra pas qualifier “de première bourre” (de bonne qualité) a au moins le mérite de mettre en évidence des mots ayant la même origine. Il s’agit du latin “burra” signifiant “étoffe de laine grossière“.

Le plein des sens

Progressivement le mot s’éloigne de la laine grossière :

  • 13ème siècle : amas de poils, détachés avant le tannage de la peau de certains animaux et servant à garnir les harnais (Livre des métiers – 1270 – Etienne Boileau). Ce sens existe encore de nos jours.
  • 17ème siècle : bourgeon de vigne (Dictionnaire universel – 1690 – Antoine Furetière). L’auteur mentionne également un autre sens : “se dit figurément en Morale, de tout ce qui est grossier, inutile dans quelque ouvrage de prose, ou de vers, par une métaphore tirée des garnitures des chaises, qui sont mal conditionnées, quand on y met de la bourre au lieu de crin“.
  • 19ème siècle : calice de certaines fleurs (Etudes et harmonies de la nature – 1853 – Bernardin de Saint-Pierre),
  • Milieu du 20ème siècle : relation sexuelle. En argot, “bonne bourre” c’est ce qui est vulgairement souhaité à un couple s’apprêtant à “consommer”.

Du poil de la bête

Du sens originel est né le verbe “bourrer“. Au 14ème siècle c’était “remplir quelque chose en y enfonçant de la bourre“. Au 17ème siècle il était utilisé dans le langage des chasseurs. On disait en effet qu’un chien bourrait un lièvre quand il lui arrachait du poil d’un coup de dent en le poursuivant. Et de ce sens (“courir après une proie”) serait né le sens “se dépêcher”. D’où notre expression “être à la bourre” (avoir à se dépêcher, sous-entendu parce qu’on est en retard).
De là vient également l’expression “se tirer la bourre” (aller le plus vite possible pour terminer à la première place).
Le “coup de bourre” a la même origine. C’est en effet la période de temps où l’on doit s’activer pour mener à bien une tâche.

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