Que signifie Se mettre en quatre ?

Se mettre en quatre C’est faire tout son possible, se dévouer entièrement.

Quelle est l’origine de l’expression

Comment faire des quartiers sans faire de quartier

Au début du 17ème siècle, elle s’employait sous la forme « Se mettre en quatre quartiers ». C’était sans nulle doute une allusion aux efforts que devait déployer un bourreau pour écarteler un criminel. Et l’écartèlement, selon la définition du Littré, c’était mettre un condamné en quatre quartiers en le faisant tirer par quatre chevaux. Ensuite les parties écartelées étaient exposées dans différents endroits de la ville. On pourrait même dire dans différents « quartiers » de la ville.
On trouve un exemple de cette expression originale dans la pièce de théatre « Les ramoneurs » (1624) attribuée sans certitude au dramaturge Alexandre Hardy : « Tu sçais mieux que tu ne dis, et que je me voudrois mettre en quatre quartiers pour le service de Monsieur ton maistre, n’estoit l’apprehension du deshonneur et des coups ».

Quand il n’y a plus de quartiers

Vers le milieu du 17ème siècle, l’expression a perdu en route le mot « quartiers » pour prendre la formulation que nous connaissons aujourd’hui. Et c’était finalement assez logique car qu’est-ce qu’un quartier si ce n’est l’une des quatre parties d’un tout ?. On aurait presque pu qualifier cette ancienne expression de pléonastique.
On trouve la formulation raccourcie (si l’on peut ainsi s’exprimer compte tenu du contexte), dans « Curiositez françoises » (1640) de Antoine Oudin : « il se mettroit en quatre pour luy = il feroit tout son possible« .

Une histoire Damour

Par la suite, l’expression semble avoir pris son envol au 19ème siècle, notamment en littérature avec des utilisations célèbres. La nouvelle d’Emile Zola « Jacques Damour » (1880) en est un exemple. L’extrait met en scène Jacques Damour et son ami Berru (rien à voir avec le pote de San Antonio quelques années plus tard) :
« – Tu ne comprends pas, répondait Damour. Va-t’en aussi, puisque tu n’es pas mon ami.
« – Moi, pas ton ami ! quand je me suis mis en quatre !… Raisonne donc un peu. Que vas-tu devenir ? Tu n’as personne, te voilà sur le pavé ainsi qu’un chien, et tu crèveras, si je ne te tire d’affaire… »

Certains se plient en deux quand d’autres tentent de se plier en quatre

Terminons en précisant que sont parfois mentionnées d’autres sources possibles pour cette expression :

  • Elle naîtrait de la difficulté qu’éprouverait un être humain à plier son corps en quatre. A cette image il y a de quoi se plier en deux de rire !
  • Elle exprimerait le fait qu’un travail à accomplir deviendrait moins fastidieux si quatre personnes l’entreprenaient. Ce serait donc s’y mettre à quatre.

L’illustration associée à cet article

 

 

Il s’agit du tableau de Dirk Bouts, peintre néerlandais : « Martyre de Saint Hippolyte » (vers 1475).

 

On aurait pu choisir une autre vision d’un écartèlement. Par exemple celle de Goscinny et Uderzo dans « Astérix et les Goths »

 

 

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