Que signifie Se monter le bourrichon ?

Se monter le bourrichon c’est se faire des illusions, se monter la tête, se tromper sur sa valeur.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Bourrichon est dérivé de bourriche. Et la bourriche est, au sens propre, un panier sans anse pouvant contenir par exemple des huîtres. Au sens figuré c’est la tête.
D’ailleurs, dans son dictionnaire de la langue vert (1866), Alfred Delvau donne cette définition : « Bourrichon = tête dans l’argot des faubouriens qui prennent les imbéciles pour des huîtres. Et il donne une définition très complète de l’expression : « se faire une idée fausse de la vie, s’exagérer les bonheurs qu’on doit y rencontrer et s’exposer ainsi, de gaité de coeur, à de cruels mécomptes et à d’amers désenchantements. »
L’expression est donc la version argotique de « se monter la tête ». Et, ici, « monter » signifie amplifier quelque chose, par exemple sa propre valeur ou son statut social.

On présente souvent Flaubert comme le premier à avoir employé cette expression. C’était dans une correspondance du 20 avril 1860 à Louis Bouilhet (poète et ami intime de Flaubert) : « Je ne travaille pas trop mal pour le moment et je vois enfin la fin de mon infinissable chapitre […] j’ai cru un moment que j’y crèverais. Oh ! Comme il faut se monter le bourrichon pour faire de la littérature ! Et que bien heureux sont les épiciers ! » Apparemment, donc, selon Flaubert, les épiciers de l’époque n’avaient pas matière à se « prendre la tête ».
Toutefois, dans le dictionnaire érotique moderne (1864) par « un professeur de langue verte » (Il s’agit en fait d’Alfred Delvau), on mentionne un extrait de « le Parnasse satyrique » : « conserve tes vers pour une autre muse qui se montera mieux le bourrichon« . Or, « Le Parnasse satyrique » ou « Parnasse des poètes satyriques » est un recueil de textes licencieux paru à Paris en 1622. Alors peut-être se montait-on déjà le bourrichon au début du 17ème siècle.

Mais on peut également monter le bourrichon à quelqu’un. C’est faire croire quelque chose à quelqu’un, lui monter la tête contre quelque chose ou quelqu’un.

Pour terminer, mentionnons que, outre la bourriche, la tête est fréquemment assimilée à des récipients dans le langage populaire. Citons par exemple « carafe », « cafetière », « fiole », ou « bocal ».

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