Que signifie Un homme averti en vaut deux ?

Un homme averti en vaut deux signifie que, lorsqu’une personne est prévenue, elle est sur ses gardes. Donc elle est aussi redoutable que deux pour son ennemi.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Au 17ème siècle, l’expression était courante sous la formulation « un averti en vaut deux« . A titre d’exemple, on peut lire cette définition dans le dictionnaire universel (1690) d’Antoine Furetière : « On dit qu’un adverti en vaut deux pour dire qu’il est dangereux d’attaquer un homme qui est sur ses gardes. »
L’expression est même attestée au tout début du 17ème. En effet, le philosophe Pierre Charron l’utilise dans « De la sagesse » (1601) : « On dit que l’homme surpris est à demy battu et au contraire un adverty en vaut deux. »
Mais on la trouve également, au début du 16ème siècle sous la forme « un homme avisé en vaut deux ». Dans Pantagruel (1530), Rabelais écrit « Vrayement, dist le seigneur de Baisecul, cest bien ce que lon dit, quil faict bon adviser aulcunesfoys les gens, car ung homme advise en vault deux. »

la formulation que l’on utilise de nos jours date du début du 19ème siècle.
Elle a été précédée, au 18ème siècle, par « un bon averti en vaut deux« . Fabre d’Eglantine l’utilise sous cette forme dans la comédie « L’intrigue épistolaire » (1791) : « Enfin bon averti, mon enfant, en vaut deux. Suffit : péril prévu n’est plus si dangereux. »

Donc, depuis le 16ème siècle, l’expression suggère clairement que lorsque l’on nous prévient de ce qu’on doit craindre (ou entreprendre), on est doublement en état de prendre les bonnes mesures adaptées au contexte.

La typographie à l’origine de l’expression ?

Toutefois, nous nous devons d’évoquer une autre hypothèse concernant l’origine de l’expression. Elle est due à Jacob Le Duchat, érudit et philologue français. Elle figure dans son livre « Ducatiana ou remarques sur divers sujets d’histoire et de littérature » (1738). Il y indique que le « a avec titre » (autrement dit « â ») en vaut deux, comme dans le mot de l’ancien français « aage » qui est devenu « âge ». Par altération du langage, la phrase « un a avec titre en vaut deux » serait devenue « un averti en vaut deux ». Cette hypothèse pourrait paraître recevable sur un plan chronologique. En effet l’accent circonflexe est apparu pour la première fois en français au 16ème siècle. Mais il faut reconnaître que cette explication typographique vient de loin. Si cet érudit vivait aujourd’hui, peut-être irait-il jusqu’à nous dire qu’un clavier azerty en vaut deux !

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