Que signifie Courir le guilledou ?

Courir le guilledou c’est rechercher des aventures galantes.

Quelle est l’origine de l’expression ?

Selon le lexicographe Walther Von Wartburg, l’expression “trotteur de guilledou” était déjà utilisée en 1600. Elle définissait alors un homme fréquentant les mauvais lieux.

Le trotteur a été remplacé par le coureur au cours du 17ème siècle :

  • Dans son dictionnaire universel (1690), Antoine Furetière explique que Guilledou est un “Terme burlesque dont on se sert pour exprimer la desbauche des personnes“. D’autre part il cite le grammairien et historien Gilles Menage. Ce dernier avait en effet affirmé que ce mot venait de Gildonia. Il s’agissait d’une ancienne Confrérie en Allemagne, où l’on faisait quelques festins. Et ces licencieuses assemblées servaient de prétexte à d’autres débauches. Les débauchés avaient donc été surnommés des coureurs de guilledou.
  • Dans le Dictionnaire de l’académie (1694), on confirme que Courir le guilledou c’est “Aller souvent et principalement pendant la nuit dans les lieux de débauche“.

Ce même dictionnaire de l’académie, dans sa 9ème édition, mentionne l’existence du mot Guildrou au 17ème siècle, et indique qu’il est probablement composé à partir du radical de l’ancien français guiller, “tromper, séduire“), et de l’adjectif doux au sens de “tendre, agréable”.
On en trouve d’ailleurs un exemple dans l’histoire universelle du sieur d’Aubigné (1616) (livre troisième, chapitre 22, page 291) : “Avisez à choisir, ou de complaire à vos prophetes de gascongne et retourner courir le guilledrou, en nous faisant jouer à sauve qui peut“.

Et, à propos du verbe “Guiller”, sans doute à l’origine de Guilledou, il faut savoir que, en patois poitevin, il a le sens de glisser, le mot venant d’anguille (voir à ce sujet l’expression “Il y a anguille sous roche“). Le Poitevin est-il coquin ? Toujours est-il qu’il est inutile de préciser ce que celui qui court le guilledou cherche à glisser.

Remarquons, pour terminer, que l’expression s’applique surtout aux hommes, ces coureurs de jupons (voir “courir le cotillon” ). Toutefois, au 17ème siècle, dans “Curiositez françoises” (1640) Antoine Oudin donna cette définition de l’expression : “être putain“.

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